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YANN DUMOGET

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YANN GRIBOU YANN, ENTOMOLOGISTE
par Jean PALLARES,
Professeur de lettres honoraire, critique d'art, conférencier pour les amis du musée Fabre.
Montpellier, le 10 janvier 1998.

Apparaissent sans crier gare des agrandissements de vibrions, des arêtes de poissons (sardines ?), des réminiscences de graphes plus ou moins aztèques, d'hiéroglyphes venus d'astres lointains - et plus généralement de tous ces corps que Tex Avery, en quelques-uns de ses cartoons, appelle joliment " Things ".

Débris divers d'images glanées, restées coincées quelque part au creux de la mémoire, encombrants-tant est grande la boulimie d'images de Yann - le cerveau, jusqu'à ce qu'une thérapie appropriée - ingestion de Pepsi sur fond musical à base d'Effet papillon, groupe gourmand de sucs fleuris- les ramène à la lumière.

Et alors tout ce qui passe à portée du pinceau de Yann est bon à recevoir ces formes étranges venues d'ailleurs qu'il collectionne, classe, épingle, entomologiste jubilatoire et passionné. On a vu de vieilles fringues revisitées, revivifiées par ces espèces de choses joyeuses, heureuses de se trouver là, amusées du bon tour qu'elles sont encore capables de jouer. On a croisé des panneaux qui, pour avoir cessé d'être routiers, n'en sont pas moins indicateurs (index) d'une humeur, d'une rencontre, d'un hasard - voire d'un dégoulis aléatoire. On a détaillé, joliment installés entre leurs plaques de verres comme des préparations microscopiques ont des fleurs séchées, des productions sur papier,- peinture à l'huile et pigments variés. Une espèce de Jérôme Boscherie extraterrestre, et dont on n'aurait pas peur. Quelquefois, un commentaire souligne : le gag, l'astuce, l'humour surréalisant (à moi Picabia!) s'adressent au curieux qui ne se voudrait que curieux.

Yann se dit médium. Mais il ne fait pas pour autant tourner les tables rondes, occupé qu'il est à les repeindre. Mais moi médium, le milieu tiède, ou le doigt obscène - digitus médius- je n'apprécie pas. Je préfère Yann index, parcequ'il montre et que c'est bien vivant.


2000, odyssée de YANN, ASTROPEINTRE.
par Bernard Theulon Noailles. Critique d'art au magazine REG'ART. 03/01/1999.

Qu'en sera-t-il de la peinture en ce troisième millénaire? Sera-t-il l'ère de son renouveau? De sa fin définitive? D'une mutation fondamentale? Ces questions se posent. On y verra plus clair au 21 ème siècle. Le compte à rebours a déjà commencé. Certes, il serait absurde d'imaginer qu'une date ô combien mythique va présider à des transformations essentielles et soudaines. Mais l'histoire est ainsi faite qu'elle s'est donné des repères temporels des plus stricts.

Quoi qu'il en soit, il est nécessaire de proposer des bilans avant d'envisager les perspectives. " Le présent serait plein de tous les avenirs si le passé n'y projetait déjà une histoire " déclarait peu ou prou un écrivain célèbre.

Aussi nous semble-t-il urgent de souligner la pertinence du projet de YANN BOUIX DUMOGET. A l'heure où sont écrites ces lignes ce projet sera devenu partiellement réalité " en procès " ou, si l'on préfère en cours d'actualisation. Il s'agira pour cet artiste qui se proclame " Astropeintre "-Il lit dans l'avenir de son projet comme on lit dans les astres-de peindre un tableau par jour du premier janvier 1999 à son corrélatif de l'an 2000.

Son sujet est donc circonscrit dans l'espace et le temps : un tableau, un jour. Reste le problème du contenu. Nul doute que l'actualité, et notamment les prophéties qui ne manqueront pas de se faire jour sur le lustre, la décennie, le siècle ou le millénaire à venir, ne manquera pas de lui proposer à foison de multiples motifs d'inspiration.

Pour un peintre, l'image et son hyperonyme le visuel voire le sensible, prône. Le siècle qui se termine a offert une place primordiale à l'iconographie. Quelles transformations, des modes symboliques d'expression, attendre d'un avenir dans lequel nous sommes déjà partiellement entrés par le biais de l'informatique à échelle planétaire, de la " communicatique " ou de " l'échangique " en voie d'invention. Et quelles transformations sur le plan des représentations symboliques que sont les oeuvres d'art. On voit que l'astropeintre a du peint sur la planche... Avec ses surprises, ses risques et ses éventuels repentirs en cas d'échecs quotidien.

YANN BOUIX DUMOGET compose en général ses tableaux en trois étapes : l'une qu'on pourrait qualifier d'appropriation d'un territoire. C'est un peu le caractère instinctif, primaire, quasi-animal de l'individu-peintre qui entre de prime abord en jeu. Du même coup, l'artiste nous renvoie à l'origine de l'inventivité humaine induite par la nécessité. Au demeurant ce sont les effets de matière qui dominent dans cette phase, comme pour confirmer la pérennité d'une activité sublimatoire des origines à nos jours.

La seconde étape est constituée par l'apparition, sur fond abstrait, d'images et interventions colorées. Ce n'est plus l'origine de l'histoire mais bien plutôt l'histoire des formes et des figures qui intervient dans cette phase. L'inspiration est vaste et planétaire, la fascination pour la symétrie de la peinture aborigène y côtoie le symbolisme stylisé des maîtres de la non-représentation que furent Kandisky ou Klee. On n'est jamais très loin de l'art brut ou du sacré primitif en général. L'imagerie de l'astropeintre se soutient d'une cosmogonie à son usage. Il ne s'agit plus de s'approprier un territoire mais d'y forger son identité, d'y trouver sa voie, sa singularité de peintre parmi la diversité des genres picturaux.

La troisième étape est celle de l'achèvement relatif du tableau ; Il s'agit de graffitis à l'encre, préfiguration des discours qui envelopperont dorénavant l'oeuvre, partant de sa " valeur d'échange ". Rien n'existe en ce monde qui ne soit soumis au regard, à l'assentiment, au jugement de l'autre. C'est l'épreuve subie par chaque peintre, nouveau chevalier des temps actuels, en quête de reconnaissance et d'utilité (le beau est utile pour YANN, ASTROPEINTRE, aujourd'hui plus que jamais).

Ces trois étapes se superposent et surimpressionnent sur le même plan, comme notre univers onirique. C'est qu'on ne peut s'improviser visionnaire sans être quelques peu rêveur, la tête dans les étoiles. Mais les étoiles ont leur géométrie, leur rigueur formelle, YANN BOUIX DUMOGET également. Son compte à rebours se chiffre et se déchiffre Astropicturalement.

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